IA et plateformes ouvertes : la leçon pour les PME
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Notion a nommé un nouveau directeur technique et en a profité pour défendre des outils ouverts, des agents IA accessibles et des équipes sans cloisons. Voici comment ces principes s'appliquent concrètement à une TPE ou une PME, et comment comm.it vous aide à les mettre en œuvre.

Sommaire 9 parties
Une annonce de recrutement qui parle de méthode
Il est rare qu'une annonce de nomination dise autant sur la manière de concevoir des outils numériques. Dans le billet « Meet (again) Max Schoening, Notion's new CTO », signé par Ivan Zhao, l'éditeur Notion présente son nouveau directeur technique. Le texte décrit aussi une vision : la technique et la conception ne doivent pas être deux métiers séparés, les plateformes doivent rester ouvertes et les agents IA doivent servir aussi bien les petites structures que les grands groupes.
Selon le billet publié par Notion, Max Schoening se définit comme un Tüftler, quelqu'un qui bricole jusqu'à ce que ça marche. Ingénieur de formation, il a dirigé le design aux débuts de Heroku, a travaillé sur Cloud Run chez Google, puis a passé six ans et demi chez GitHub. Il y a contribué aux Issues, aux Pull Requests, à GitHub Actions et aux environnements de développement dans le cloud. Avec son équipe, il a livré cette année deux lancements majeurs : les Custom Agents, destinés aux travailleurs du savoir, et une plateforme développeurs qui permet aux personnes comme aux agents d'adapter l'outil à leur façon de travailler.
Le point qui nous intéresse ici dépasse le parcours individuel. Selon l'auteur, Max Schoening a passé sa carrière à rendre simple une infrastructure complexe. C'est précisément le besoin de la plupart des TPE et PME que nous accompagnons chez comm.it.
Premier enseignement : la complexité doit rester sous le capot
Une petite entreprise n'a pas à comprendre le fonctionnement d'un réseau, d'une messagerie, d'un ERP ou d'un agent IA pour en tirer parti. Elle a besoin que ces outils fonctionnent, qu'ils soient fiables et qu'ils lui fassent gagner du temps. Le dirigeant d'une PME, pas plus que les développeurs servis par GitHub, ne devrait avoir à se débattre avec la tuyauterie.
C'est le cœur de notre métier. Derrière une connexion Wi-Fi stable dans tout un local, il y a un travail de dimensionnement, de segmentation réseau et de sécurisation. Derrière une automatisation qui transmet une commande du site web à la comptabilité, il y a des intégrations entre des logiciels qui n'ont pas été conçus pour dialoguer. Notre rôle consiste à absorber cette complexité pour que vos équipes voient seulement le résultat : un outil qui répond au besoin.
Concrètement, cela se traduit par :
- une infrastructure réseau pensée pour l'usage réel (postes, téléphonie, caméras, objets connectés) plutôt que pour une fiche technique ;
- une messagerie professionnelle configurée avec les bons réglages de sécurité et d'authentification ;
- des flux automatisés documentés, qui peuvent être repris et modifiés sans tout reconstruire ;
- des interfaces métier (CRM, ERP, outils internes) dont la logique colle à la façon de travailler de l'entreprise.
Deuxième enseignement : technique et métier ne doivent pas être séparés
L'éditeur résume sa philosophie par une formule : la technologie rencontre les humanités. Pour construire de bons outils, il refuse de traiter l'ingénierie et le design comme des métiers distincts. Le billet affirme aussi que l'organigramme de demain comptera moins de frontières entre les disciplines.
Pour une PME, cette idée a une traduction très concrète. Les projets informatiques échouent souvent faute de dialogue, bien plus que pour des raisons techniques. Un logiciel peut être bien codé et pourtant inutilisable s'il ignore la réalité du terrain. Un réseau peut être performant et pourtant mal adapté si personne n'a demandé où travaillent réellement les équipes.
Chez comm.it, nous abordons chaque projet en partant du processus métier avant de parler d'outil :
- Comprendre le geste quotidien : qui saisit quoi, à quel moment, avec quelles contraintes ?
- Repérer les frictions : doubles saisies, fichiers qui circulent par courriel, informations dispersées, tâches répétitives.
- Choisir la bonne brique : une automatisation légère, un développement sur mesure, une évolution du réseau ou un agent IA.
- Construire par itérations : livrer une première version utile, l'éprouver avec les utilisateurs, puis l'améliorer.
Cette démarche par essais successifs rejoint l'esprit Tüftler décrit dans l'article. On ne livre pas un système figé : on ajuste jusqu'à ce que l'outil fonctionne vraiment pour les personnes qui s'en servent.
Troisième enseignement : l'ouverture est un choix stratégique
L'un des passages les plus forts du billet porte sur les plateformes ouvertes qui placent le client au centre. D'après l'éditeur, l'ouverture et un contexte neutre vis-à-vis des agents (agent-neutral context) profitent à tous ses clients. L'exemple cité va d'un petit commerce de café aux prises avec son stock de vente en gros jusqu'aux plus grandes entreprises mondiales.
Pourquoi est-ce important pour une PME ? Parce que l'enfermement propriétaire reste l'un des risques les plus coûteux, et l'un des moins visibles, d'un projet informatique. Quand vos données ne peuvent sortir d'un logiciel que sous un format inexploitable, quand une automatisation ne fonctionne qu'avec un seul fournisseur, ou quand un agent IA ne peut lire que les informations d'un écosystème fermé, vous perdez votre liberté de choix.
Notre approche repose sur quelques principes simples :
- privilégier les standards ouverts et les formats de données lisibles, pour que vos informations restent les vôtres ;
- recourir aux solutions open source lorsqu'elles répondent au besoin, afin de réduire la dépendance à un éditeur unique ;
- concevoir des intégrations par API, plutôt que des passerelles fragiles et opaques ;
- documenter chaque développement et chaque automatisation, pour que l'entreprise puisse changer de prestataire si elle le souhaite.
Cette dernière règle peut surprendre de la part d'un prestataire. Elle découle pourtant de la même logique que celle défendue par l'éditeur : un client qui reste parce qu'il est satisfait vaut mieux qu'un client qui reste parce qu'il ne peut pas partir.
Agents IA : accessibles à tous, à condition de bien les cadrer
Avec les Custom Agents, l'éditeur veut mettre des agents IA personnalisés entre les mains des travailleurs du savoir ordinaires, et pas seulement des spécialistes. Sa plateforme développeurs va plus loin : elle permet aux humains comme aux agents d'étendre l'outil selon leurs besoins.
Cette tendance concerne directement les PME. Un agent IA bien conçu peut prendre en charge une partie des tâches répétitives qui consomment l'énergie des équipes :
- trier et préqualifier les demandes entrantes ;
- rédiger des premières réponses à partir d'une base de connaissances interne ;
- synthétiser des documents, des comptes rendus ou des échanges clients ;
- alimenter un CRM ou un ERP à partir d'informations reçues par courriel ;
- signaler des anomalies dans un suivi de stock ou de facturation.
L'exemple du commerce de café qui gère son stock de vente en gros, cité dans l'article, illustre bien le cas de figure : une petite structure, un problème très concret, et des outils qui doivent s'adapter à elle plutôt que l'inverse.
Les trois conditions d'un agent IA utile
L'IA ne crée de la valeur que si elle s'appuie sur des fondations solides. Chez comm.it, nous insistons sur trois points.
1. Des données accessibles et propres. Un agent ne vaut que par le contexte qu'on lui fournit. Si les informations de l'entreprise sont éclatées entre des tableurs, des boîtes mail et des logiciels qui ne communiquent pas, l'agent travaillera à l'aveugle. Le premier chantier consiste souvent à structurer et connecter les données, avant même de parler d'IA.
2. Une intégration au processus réel. Un agent doit s'insérer dans le flux de travail existant, au bon endroit et avec les bons droits. C'est un travail d'automatisation des processus métier autant qu'un travail d'IA.
3. Une supervision humaine. Les tâches à fort enjeu (engagement contractuel, réponse sensible, décision financière) doivent rester validées par une personne. L'agent prépare, l'humain décide.
Gouvernance et coûts : un sujet qui concerne aussi les petites structures
Le billet mentionne un point que l'on associe souvent aux grands groupes : la nécessité d'équilibrer innovation, coût des tokens et gouvernance à grande échelle. Les analyses de Notion visent ici ses plus gros clients internationaux, mais ces enjeux se posent aussi, à une autre échelle, dans une PME.
Maîtriser le coût de l'IA
Chaque requête envoyée à un modèle d'IA consomme des tokens, et donc de l'argent. Un agent mal conçu, qui renvoie à chaque fois des documents entiers ou multiplie les appels inutiles, peut faire grimper la facture sans apporter de valeur supplémentaire. Nous travaillons donc sur :
- le choix du modèle adapté à chaque tâche, car toutes ne nécessitent pas le modèle le plus puissant ;
- la réduction du contexte transmis à l'essentiel ;
- le suivi de la consommation, pour repérer les dérives avant qu'elles ne coûtent cher ;
- l'étude, lorsque c'est pertinent, d'options hébergées en interne ou fondées sur des modèles ouverts.
Encadrer les usages
La gouvernance n'est pas un luxe réservé aux grandes entreprises. Dès qu'un collaborateur colle des données clients dans un outil d'IA grand public, la question de la confidentialité se pose. Mettre en place un cadre clair, même léger, fait partie de notre accompagnement :
- définir quelles données peuvent être traitées par quels outils ;
- gérer les droits d'accès des agents comme ceux des utilisateurs ;
- journaliser les actions automatisées pour pouvoir les vérifier ;
- sensibiliser les équipes aux bonnes pratiques.
Du réseau à l'IA : une chaîne qui doit tenir de bout en bout
On parle volontiers d'IA en oubliant ce qui la rend possible. Un agent qui interroge un ERP dépend de la qualité du réseau, de la disponibilité des serveurs, de la sécurité des accès et de la fiabilité des sauvegardes. Une vidéosurveillance connectée repose elle aussi sur une infrastructure correctement dimensionnée et cloisonnée.
Le parcours décrit dans l'article, d'une plateforme d'hébergement à des services cloud puis à des outils de collaboration pour développeurs, montre que la valeur naît souvent de la capacité à relier les couches entre elles. C'est aussi notre force : comm.it intervient sur l'ensemble de la chaîne, du câblage et du Wi-Fi jusqu'aux logiciels métier et à l'IA. Vous n'avez pas à coordonner plusieurs prestataires qui se renvoient la responsabilité en cas de problème.
Le profil « fondateur » : penser comme un dirigeant de PME
Dernier point du billet : Max Schoening a fondé deux entreprises, et l'auteur souligne que les fondateurs sont naturellement pluridisciplinaires, au service de leurs clients et de leurs idées. L'éditeur explique d'ailleurs accueillir de plus en plus d'anciens (et de futurs) fondateurs.
Ce regard nous parle, car un dirigeant de TPE ou de PME est par définition pluridisciplinaire. Il gère les ventes, les finances, les équipes et souvent l'informatique, faute de mieux. Ce qu'il attend d'un prestataire, c'est un interlocuteur qui comprend ses contraintes de temps et de budget, qui parle son langage et qui propose des solutions proportionnées. Le dernier logiciel à la mode ne l'intéresse pas s'il ne règle pas son problème.
C'est l'état d'esprit que nous cultivons :
- écouter avant de prescrire ;
- proposer la solution la plus simple qui fonctionne, quitte à la faire évoluer ensuite ;
- expliquer nos choix de façon pédagogique, sans jargon inutile ;
- rester disponibles après la mise en production, car un outil vit et doit s'adapter.
Ce qu'il faut retenir
Au-delà de l'annonce elle-même, le billet de Notion contient une feuille de route que toute entreprise peut s'approprier, quelle que soit sa taille :
- Rendre la complexité invisible pour les utilisateurs, sans la nier.
- Décloisonner la technique et le métier pour construire des outils réellement adoptés.
- Miser sur l'ouverture pour garder la maîtrise de ses données et de ses choix.
- Déployer des agents IA sur des fondations solides, avec des coûts suivis et une gouvernance claire.
- Avancer par itérations, en ajustant jusqu'à ce que ça marche vraiment.
Ces principes ne demandent pas les moyens d'une multinationale. Ils demandent de la méthode, une vision d'ensemble et un partenaire capable de traduire les besoins métier en solutions techniques durables.
Source : « Meet (again) Max Schoening, Notion's new CTO », par Ivan Zhao, publié sur le blog de Notion.
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